TYNDO… un peu d’histoire

By 15 mars 2015Non classé

L’HISTOIRE DE TYNDOphoto-tyndo-1

A l’origine du site : la question du palais des rois d’Angleterre

D’après les érudits du XIXe siècle, l’hôtel Tyndo serait construit à l’emplacement de l’ancien palais des rois d’Angleterre du XIIe siècle. Après avoir conquis la ville en 1158, Henri II Plantegenêt aurait fait construire une résidence afin d’asseoir son pouvoir sur la ville. Si aucune source historique ne vient confirmer ces propos, l’historien Berthre de Bourniseaux indique qu’une de ses ancêtres, propriétaire de l’hôtel, est sommée d’y supprimer les vestiges des armes des rois d’Angleterre.

Lors de l’opération de diagnostic menée sur le site de l’Hôtel Tyndo en mars 2013, des vestiges datant des XIIe – XIVe siècles ont été observés dans le niveau de cave inférieur. Ces structures correspondent à un parement de bel appareil de moellons. Cet appareil se retrouve tour du Prince de Galles et au château de Bressuire, datés des XIe – XIIe siècles. Un bâtiment de cette période se situait donc à l’emplacement de l’édifice actuel, correspondant peut-être au palais des rois d’Angleterre. Il possédait un plan semblable à l’hôtel, avec deux corps de logis reliés entre eux par une tourelle d’escalier. Le niveau de cave permettait une circulation rapide et sûre et pouvait également servir de refuge grâce à une citerne.
Une personnalité thouarsaise méconnue : Louis Tyndo

La fin de la période médiévale est très importante pour la ville. C’est une époque de transition entre une vicomté appartenant à la famille d’Amboise, la présence régulière de Louis XI à Thouars, puis l’arrivée de la famille des La Trémoïlle. Par ses dimensions et la qualité de ces façades, l’hôtel marque les esprits et situe ce bâtiment parmi les édifices majeurs du patrimoine de notre ville. Il est commandité par Louis Tyndo, filleul et secrétaire de Louis d’Amboise, vicomte de Thouars de 1426 à 1472. Tyndo devient châtelain, ou commandant, du château de Thouars entre 1462 et 1469. Il est ensuite nommé sénéchal de la vicomté, officier chargé de la justice seigneuriale. Dès 1470, il devient conseiller royal. L’aide apportée au roi de France s’appuie sur des connaissances juridiques approfondies puisqu’il est licencié es-lois, avocat fiscal et « commissaire sur le fait des francs-fiefs et nouveaux acquêts en Poitou ».
Louis Tyndo est considéré comme un homme opportuniste par sa participation au rattachement de la Vicomté au Royaume de France sous le règne de Louis XI. En récompense, le roi de France lui octroie le titre et la fonction de premier président du parlement de Bordeaux et lui offre des terres où il fait construire son hôtel particulier.

L’hôtel particulier de la famille Tyndo, une remarquable architecture du XVe siècle

Le site est marqué par différentes phases de construction et les changements ou apports qu’elles ont entraînées.
L’hôtel particulier est composé de la la tourelle d’escalier et des deux ailes à gauche et à droite de celle-ci. L’épaisseur des murs, la présence des cheminées d’origine et les fenêtres à meneaux sont autant d’indications permettant de cerner le plan de l’hôtel. L’édifice adopte le parti de l’hôtel particulier réservé, à la Renaissance, aux personnages importants.
Les travaux, après rénovation de la cave médiévale, débutent par la tour d’escalier. De plan pentagonal, cette tour dessert les étages des corps de logis. Elle présente un décor comparable à celui du château du Clos Lucé, propriété de la famille d’Amboise, daté de 1477 ou celui de l’hôtel des Trois Rois. La porte d’accès est dotée d’un linteau décoré d’un arc en accolade, surmonté d’un gâble hérissé de pinacles et de fleurons. Les ouvrages sculptés ont été restitués. La partie sommitale est en encorbellement sur des consoles à trois ressauts, formant une ligne de faux mâchicoulis décorés de trilobes gothiques.
Les armoiries sculptées sur la tour permettent d’identifier les différents membres de la famille Tyndo ayant contribué aux travaux de l’édifice : Louis Tyndo, son fils, l’abbé Louis Tyndo, et Jean Tyndo, marié vers 1500 à Marguerite le Beuveux, dont les armes de la famille sont présentes avec celles des Tyndo. Les armes de la famille Tyndo sont « d’argent à la bande de gueules accompagnée de trois tindo d’azur », un tyndo étant un oiseau sans bec ni patte.
Le corps du logis nord prend probablement appui sur les élévations du bâtiment primitif vu sa légère déviance d’orientation. Le coût élevé d’une destruction a sans doute conduit Louis Tyndo à lui préférer la reprise du bâtiment. Pour l’aile sud, l’ordonnance régulière des fenêtres, le profil prismatique des meneaux et des traverses sont des éléments italianisants qui permettent de penser que la date de 1539 gravée sur le fronton couronnant la tour marque l’épisode final de construction du site au XVIe siècle. La découverte d’une porte désormais bouchée indique qu’une troisième aile se déployait vers les fortifications.

L’hôtel particulier du XVIe au XIXe siècles

La famille Tyndo restera propriétaire de l’hôtel jusqu’en 1582, année à laquelle Jean Sochet rend aveu pour ce fief. En 1630, il est aux mains de Jean de la Ville. Durant cette période, es cheminées médiévales sont reprises et recouvertes d’un superbe décor peint, comparable au plafond du cabinet du pavillon sud du château des la Trémoïlle, daté vers 1628. Par la suite, au XVIIIe siècle, la salle du rez-de-chaussée du corps de logis sud, est transformée en salon d’apparat. Les dessus de portes sont ornés de tableaux et la cheminée est recouverte par un coffrage de boiseries peintes.
La famille Bournizeaux devient ensuite propriétaire des lieux de 1745 jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle.

L’école Tyndo

La famille Berthre de Bourniseaux vend ensuite l’hôtel à M. Petiteau en 1866 qui le revend en 1873 à la ville de Thouars. Cette dernière souhaite y installer une salle d’asile pour les plus jeunes et l’école de jeunes filles située alors dans les anciennes écuries du château, transformées pour devenir une caserne en lien avec la maison de force qui s’installe au château en 1872. Des travaux d’agrandissement sont commencés dès 1877 : l’aile sud abrite des salles de classes et des dortoirs avec préau. Ce programme est conduit par l’architecte vendéen Loué. Cependant, les bâtiments s’avèrent vite inadaptés et trop petits.

photo-tyndo-2Une nouvelle construction vient compléter cet ensemble en 1913. Placée le long de la rue, elle est l’œuvre l’architecte Mongeaud.
L’école de jeune filles devient école primaire supérieure, collège, lycée en 1961 et CES en 1971. Dès 1960, l’établissement scolaire est complété par la construction de l’école Ferdinand Buisson, installée au pied de la muraille.
En 1965, le lycée des garçons et celui des filles fusionnent : le premier cycle se déroule à Tyndo. Avec la construction du collège Jean Rostand en 1978, Tyndo est désaffecté et dès 1979 loué à divers organismes.
En 1984, il est mis à disposition du District puis de la Communauté de communes pour son programme d’animation. Une maison pour tous s’y installe avec le Centre Socio-culturel du Thouarsais, la Croix Rouge et le Secours Catholique, ce jusqu’en 2012.

[Rédaction : Service de l’Architecture et des Patrimoines de la Ville de Thouars]

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